RÉSUMÉ
GESTION DURABLE DES MACRODÉCHETS LITTORAUX DANS LES VILLES DE LOMÉ (TOGO) ET LIBREVILLE (GABON)
Au cours des dernières décennies, la durabilité des environnements littoraux a été compromise par une forte croissance démographique, une urbanisation mal maîtrisée et par la pression des activités humaines. L’un des défis est la concentration des déchets solides qui s’échappent du système d’assainissement en place. À l’instar des autres villes africaines, Libreville et Lomé ne sont pas épargnées. Il s’agit d’analyser les facteurs qui entraînent la prolifération des déchets sur le littoral des agglomérations respectives, de réaliser un inventaire systématique des macrodéchets littoraux. En outre, de présenter les stratégies appropriées pour réduire la vulnérabilité des espaces littoraux des villes africaines confrontées à la prolifération des déchets solides. La méthodologie de recherche comprend une recherche documentaire, les observations sur le terrain et des enquêtes auprès de 600 personnes. De plus, la caractérisation par l’outil MODECOM (Mode de caractérisation des ordures ménagères) utilisé montre la présence généralisée des macrodéchets au sein des espaces côtiers des deux villes. L’étude s’appuie spécifiquement sur le tri des matériaux selon trois fractions granulométriques : >100 mm, entre 20 et 100 mm, <20 mm et la classification des déchets solides en treize (13) catégories des macrodéchets. Les résultats révèlent que la quantité des macrodéchets inventoriés à Libreville est de 654,21 kg sur 12 sites, tandis qu’à Lomé, le poids des déchets collectés est de 510 kg sur 6 sites. Par ailleurs, la dégradation du littoral s’expliquerait par la méconnaissance et à l’inobservance des lois qui régissent la protection de l’environnement et la gestion des déchets. Ainsi, le rejet des déchets dans la nature, les cours d’eau, les dépotoirs sauvages et les caniveaux constituant des pratiques courantes d’évacuation, en raison de l’absence formelle de gestion. Ce qui contribue à la dégradation de l’environnement avec des odeurs inesthétiques et désagréables et la présence des animaux nuisibles. Ces risques environnementaux exposent la population à des maladies telles que le paludisme, les infections pulmonaires, la diarrhée, la fièvre typhoïde et les maladies de peau. Néanmoins, pour pallier cela, cette étude montre la nécessité de la mise en application précise des textes réglementaires et de l’implication des acteurs pour améliorer la planification et la qualité de l’environnement littoral. Enfin, elle montre un avenir prospère pour les filières des déchets biodégradables, non biodégradables et inertes afin de prétendre à une gestion durable de la zone côtière.
Mots clés : Macrodéchets, caractérisation, littoral, gestion durable, Lomé, Libreville.
GESTION DURABLE
DES MACRO-DÉCHETS CÔTIERS DANS LES VILLES DE LOMÉ (TOGO) ET DE LIBREVILLE (GABON)
Ces dernières décennies, la durabilité des milieux côtiers a été compromise par une forte croissance démographique, une urbanisation mal maîtrisée et la pression des activités humaines. L’un des défis majeurs réside dans la concentration des déchets solides échappant au système d’assainissement existant. À l’instar d’autres villes africaines, Libreville et Lomé ne sont pas épargnées. L’objectif de cette étude est d’analyser les facteurs à l’origine de la prolifération des déchets le long des côtes de leurs agglomérations respectives et de réaliser un inventaire systématique des macro-déchets côtiers. Elle présente également des stratégies adaptées pour réduire la vulnérabilité des zones côtières des villes africaines confrontées à cette prolifération. La méthodologie de recherche comprend une analyse documentaire, des observations de terrain et des enquêtes auprès de 600 personnes. Par ailleurs, la caractérisation à l’aide de l’outil MODECOM (Méthode de caractérisation des déchets ménagers) a révélé la présence généralisée de macro-déchets dans les zones côtières des deux villes. L’étude repose spécifiquement sur le tri des matériaux en trois fractions granulométriques : > 100 mm, entre 20 et 100 mm et < 20 mm, ainsi que sur la classification des déchets solides en treize (13) catégories de macro-déchets. Les résultats révèlent que la quantité de macro-déchets recensée à Libreville s’élève à 654,21 kg sur 12 sites, tandis qu’à Lomé, le poids des déchets collectés est de 510 kg sur 6 sites. La dégradation du littoral s’explique par la méconnaissance et le non-respect des lois régissant la protection de l’environnement et la gestion des déchets. De ce fait, des pratiques d’élimination des déchets telles que le déversement dans la nature, dans les cours d’eau, dans des décharges sauvages et dans les caniveaux sont courantes. Ces pratiques contribuent à la dégradation de l’environnement, avec des odeurs nauséabondes et la présence de vermine. Ces risques environnementaux exposent la population à des maladies telles que le paludisme, les infections pulmonaires, la diarrhée, la fièvre typhoïde et les maladies de peau. Néanmoins, pour atténuer ces risques, cette étude démontre la nécessité d’une application rigoureuse des textes réglementaires et de l’implication des parties prenantes afin d’améliorer la planification et la qualité du milieu côtier. Enfin, elle entrevoit un avenir prometteur pour la valorisation des flux de déchets biodégradables, non biodégradables et inertes, en vue d’une gestion durable de la zone côtière.
Mots-clés : Macrodéchets, caractérisation, littoral, gestion durable, Lomé, Libreville